
Le français dans tous ses États
L’empire d’Astérix a 112 millions d’enfants!
Pas mal pour un petit village devenu global et qui a su
résister (pas toujours consciemment) à ses envahisseurs!
Il existe différentes estimations du nombre de francophones
dans le monde. Selon le Haut conseil de la francophonie (HCF), institution qui
relève de l’état français, il y aurait 112,5 millions de francophones dans
le monde (d’après un recensement datant de 1997). Ce qui ferait du français
la douzième langue la plus utilisée sur terre.
Dans cette perspective, il est étonnant de voir les
francophones du monde sous-estimer parfois l’importance de ce rayonnement
international de la francophonie. Mais comment expliquer, en effet, le
désintéressement pour les produits culturels diffusés en français (films,
chansons, livres, théâtre...) sinon, d’une part, par une méconnaissance de
ceux-ci et, d’autre part, par une attraction indéniable pour des productions
en anglais?
52 pays sont membres de la francophonie
Pour en arriver à établir combien de citoyens du monde
parlent français, il faut distinguer entre ses différents types d’utilisateurs.
Il faut distinguer entre ceux qui utilisent le français comme langue maternelle
et ceux qui l’utilisent comme langue seconde. En combinant ces deux groupes,
on arrive à 112,5 millions de francophones.
À cela, on peut aussi ajouter les gens qui sont des
"francophones occasionnels" (estimés à 60,5 millions). Ces chiffres,
établis par un recensement de 1990 et confirmés par celui de 1997, seraient en
hausse.
Monolinguisme, bilinguisme, plurilinguisme
C’est surtout en France que le français est utilisé en «contexte de
monolinguisme». C’est un peu le cas aussi dans d’autres régions du monde,
notamment au Québec (à l’extérieur de Montréal).
Le Canada est toutefois vu par les organisations entourant la francophonie
comme un pays utilisateur du français en «contexte de bilinguisme». Il n’est
pas le seul dans cette situation, la Belgique, par exemple, partage son usage du
français avec le wallon, sinon avec le flammand, et le Val-d’Aoste le partage
avec l’italien.
Il existe une troisième conjoncture: le français en «contexte de
plurilinguisme». On la retrouve, par exemple, au Congo où le français est
considéré comme la langue officielle et où il cohabite avec d’autres
langues nationales (lingala, swahili, tshiluba), ainsi qu’avec environ 400
autres langues locales. C’est également le cas d’autres pays d’Afrique:
le Cameroun, le Sénégal, etc.
Les liens politiques
Dans la foulée des huit Sommets de la francophonie qui ont eu lieu depuis
1986 sont apparus un certain nombre d’institutions: le Conseil permanent de la
francophonie, l’Agence intergouvernementale de la francophonie, le Conseil de
coopération, la nomination d’un secrétaire général de la francophonie, l’adoption
d’une Charte de la francophonie, etc.
Certains observateurs vont même jusqu’à parler d’un «régime de la
francophonie», un peu comme s’il s’agissait d’une tendance vers une
«union de type confédéral».
Voila une réalité qui permet de jeter un regard différent sur le problème
constitutionnel que traversent le Canada et le Québec. Que l’on soit
souverainiste ou fédéraliste au Québec, si l’on a à coeur de maintenir le
poids démographique ou le rayonnement culturel du français aussi bien au
Canada que dans le monde, on ne pourra pas faire l’économie d’une
construction de la francophonie, en développant et en alimentant des liens
aussi bien politique qu’économique ou culturel.
Les liens économiques
Les pays membres de la francophonie se divisent en trois groupes: les «pays
industrialisés» ou «en transition» (Belgique, Canada, France, Luxembourg,
Moldavie, Roumanie, Suisse...), les pays «en développement» (15 pays dont le
Cameroun, l’Égypte, la Tunisie, le Viêt-Nam) et les pays «les moins
avancés» (23 pays).
L’ensemble des pays de la francophonie produisent 10,7% de la richesse
mondiale et ils sont responsables de 15,76% du commerce mondial des
marchandises. Ces chiffres sont d’ailleurs en hausse. Ces échanges se font
néanmoins surtout entre pays riches.
Les organisations internationales francophones font une large place à la
coopération et à l’aide au développement, de même qu’au soutien du
processus démocratique dans les pays qui en ont besoin. D’ailleurs, en
nommant l’ancien secrétaire général de l’Organisation des nations unies,
Monsieur Boutros Boutros-Ghali, au poste de Secrétaire général de la
francophonie lors du Sommet de Hanoi en 1997, les pays participants ont affirmé
vouloir «donner à la francophonie sa pleine dimension politique, pour
pérenniser l’idéal francophone, celui de la liberté et des droits de l’homme,
de la justice et de la solidarité, de la démocratie et du progrès.»