Les États du français
Le Phénix virtuel, volume 3 (dernière mise à jour: 06-07-2001 )
École secondaire Nicolas-Gatineau, Gatineau, Québec
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Le français dans tous ses États
L’empire d’Astérix a 112 millions d’enfants!

Pas mal pour un petit village devenu global et qui a su résister (pas toujours consciemment) à ses envahisseurs!

    Il existe différentes estimations du nombre de francophones dans le monde. Selon le Haut conseil de la francophonie (HCF), institution qui relève de l’état français, il y aurait 112,5 millions de francophones dans le monde (d’après un recensement datant de 1997). Ce qui ferait du français la douzième langue la plus utilisée sur terre.
   
Dans cette perspective, il est étonnant de voir les francophones du monde sous-estimer parfois l’importance de ce rayonnement international de la francophonie. Mais comment expliquer, en effet, le désintéressement pour les produits culturels diffusés en français (films, chansons, livres, théâtre...) sinon, d’une part, par une méconnaissance de ceux-ci et, d’autre part, par une attraction indéniable pour des productions en anglais?

52 pays sont membres de la francophonie

    Pour en arriver à établir combien de citoyens du monde parlent français, il faut distinguer entre ses différents types d’utilisateurs. Il faut distinguer entre ceux qui utilisent le français comme langue maternelle et ceux qui l’utilisent comme langue seconde. En combinant ces deux groupes, on arrive à 112,5 millions de francophones.
   
À cela, on peut aussi ajouter les gens qui sont des "francophones occasionnels" (estimés à 60,5 millions). Ces chiffres, établis par un recensement de 1990 et confirmés par celui de 1997, seraient en hausse.

Monolinguisme, bilinguisme, plurilinguisme

    C’est surtout en France que le français est utilisé en «contexte de monolinguisme». C’est un peu le cas aussi dans d’autres régions du monde, notamment au Québec (à l’extérieur de Montréal).
    Le Canada est toutefois vu par les organisations entourant la francophonie comme un pays utilisateur du français en «contexte de bilinguisme». Il n’est pas le seul dans cette situation, la Belgique, par exemple, partage son usage du français avec le wallon, sinon avec le flammand, et le Val-d’Aoste le partage avec l’italien.
    Il existe une troisième conjoncture: le français en «contexte de plurilinguisme». On la retrouve, par exemple, au Congo où le français est considéré comme la langue officielle et où il cohabite avec d’autres langues nationales (lingala, swahili, tshiluba), ainsi qu’avec environ 400 autres langues locales. C’est également le cas d’autres pays d’Afrique: le Cameroun, le Sénégal, etc.

Les liens politiques

    Dans la foulée des huit Sommets de la francophonie qui ont eu lieu depuis 1986 sont apparus un certain nombre d’institutions: le Conseil permanent de la francophonie, l’Agence intergouvernementale de la francophonie, le Conseil de coopération, la nomination d’un secrétaire général de la francophonie, l’adoption d’une Charte de la francophonie, etc.
    Certains observateurs vont même jusqu’à parler d’un «régime de la francophonie», un peu comme s’il s’agissait d’une tendance vers une «union de type confédéral».

    Voila une réalité qui permet de jeter un regard différent sur le problème constitutionnel que traversent le Canada et le Québec. Que l’on soit souverainiste ou fédéraliste au Québec, si l’on a à coeur de maintenir le poids démographique ou le rayonnement culturel du français aussi bien au Canada que dans le monde, on ne pourra pas faire l’économie d’une construction de la francophonie, en développant et en alimentant des liens aussi bien politique qu’économique ou culturel.

Les liens économiques

    Les pays membres de la francophonie se divisent en trois groupes: les «pays industrialisés» ou «en transition» (Belgique, Canada, France, Luxembourg, Moldavie, Roumanie, Suisse...), les pays «en développement» (15 pays dont le Cameroun, l’Égypte, la Tunisie, le Viêt-Nam) et les pays «les moins avancés» (23 pays).
    L’ensemble des pays de la francophonie produisent 10,7% de la richesse mondiale et ils sont responsables de 15,76% du commerce mondial des marchandises. Ces chiffres sont d’ailleurs en hausse. Ces échanges se font néanmoins surtout entre pays riches.
    Les organisations internationales francophones font une large place à la coopération et à l’aide au développement, de même qu’au soutien du processus démocratique dans les pays qui en ont besoin. D’ailleurs, en nommant l’ancien secrétaire général de l’Organisation des nations unies, Monsieur Boutros Boutros-Ghali, au poste de Secrétaire général de la francophonie lors du Sommet de Hanoi en 1997, les pays participants ont affirmé vouloir «donner à la francophonie sa pleine dimension politique, pour pérenniser l’idéal francophone, celui de la liberté et des droits de l’homme, de la justice et de la solidarité, de la démocratie et du progrès.»