Journal scolaire
Le Phénix virtuel, volume 3 (dernière mise à jour: 15-06-2001 )
École secondaire Nicolas-Gatineau, Gatineau, Québec
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Un journal gentil
par Marie-Julie Goyer
5e secondaire

    Je fais partie de l’équipe du Phénix depuis maintenant près de deux ans. Nous avons toujours pu publier nos articles librement avec le consentement de notre professeur. Il faut se l’avouer: le Phénix est un journal gentil avec des textes gentils qui ne font réagir personne ou presque. 
    Nous, élèves du groupe de journalisme, n’avons jamais été portés à nous exprimer haut et fort sur les sujets que nous abordons dans nos articles. Je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles le journal n’attire pas l’attention et pourquoi tout le monde ou presque se fout de ce que l’on écrit. 
    Dans le numéro précédent, on a pu le constater davantage. Maurice Langlois, enseignant responsable de notre journal, a dit: "Il y avait 16 textes dans le numéro 4, et on en a négligé 15". Le seul qui a attiré l’attention a été critiqué. Il a choqué la direction aussi.
    Maintenant, tout ce que nous écrirons devra être approuvé par la direction. Il faut demeurer neutre et surtout ne provoquer personne. Ne me dites pas qu’un journal censuré est un vrai journal! Regardez les journaux et les revues populaires qui donnent le droit à leurs journalistes de critiquer le monde qui les entoure. Ce genre d’article suscite la réaction des gens qui peuvent répondre aux journalistes en écrivant à leur tour et en étant publié.
    Je suis une future citoyenne qui croit en la liberté de la presse. Je pense que la technique de la censure ("l’assurance du respect des règles de l’art et de l’éthique journalistique" par la direction, selon Monsieur Beaulieu) n’est pas une très bonne manière de nous apprendre à dire nos opinions adéquatement. 
    Il est évident que le journal peut faire des erreurs en y allant un peu fort dans ses articles (ce qui est extrêmement rare, cependant), mais nous sommes des élèves qui apprenons! On ne peut attendre de nous que nous sachions toujours tout dire avec des gants blancs, nous sommes des adolescents après tout...
    La leçon à tirer me paraît simple: élèves de journalisme, continuons à écrire de beaux petits textes gentils qui plairont à tous les professeurs et surtout à la direction. Il ne faut surtout pas déranger en dénonçant ce qui nous déplaît, il paraît que ça ne respecte pas l’art de l’éthique journalistique...