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Un journal gentil
par Marie-Julie Goyer
5e secondaire
Je fais partie de l’équipe du Phénix depuis maintenant près de deux
ans. Nous avons toujours pu publier nos articles librement avec le consentement
de notre professeur. Il faut se l’avouer: le Phénix est un journal
gentil avec des textes gentils qui ne font réagir personne ou presque.
Nous, élèves du groupe de journalisme, n’avons jamais
été portés à nous exprimer haut et fort sur les sujets que nous abordons
dans nos articles. Je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles le
journal n’attire pas l’attention et pourquoi tout le monde ou presque se
fout de ce que l’on écrit.
Dans le numéro précédent, on a pu le constater davantage.
Maurice Langlois, enseignant responsable de notre journal, a dit: "Il y
avait 16 textes dans le numéro 4, et on en a négligé 15". Le seul
qui a attiré l’attention a été critiqué. Il a choqué la direction aussi.
Maintenant, tout ce que nous écrirons devra être approuvé
par la direction. Il faut demeurer neutre et surtout ne provoquer personne. Ne
me dites pas qu’un journal censuré est un vrai journal! Regardez les journaux
et les revues populaires qui donnent le droit à leurs journalistes de critiquer
le monde qui les entoure. Ce genre d’article suscite la réaction des gens qui
peuvent répondre aux journalistes en écrivant à leur tour et en étant
publié.
Je suis une future citoyenne qui croit en la liberté de la
presse. Je pense que la technique de la censure ("l’assurance du
respect des règles de l’art et de l’éthique journalistique" par
la direction, selon Monsieur Beaulieu) n’est pas une très bonne manière de
nous apprendre à dire nos opinions adéquatement.
Il est évident que le journal peut faire des erreurs en y
allant un peu fort dans ses articles (ce qui est extrêmement rare, cependant),
mais nous sommes des élèves qui apprenons! On ne peut attendre de nous que
nous sachions toujours tout dire avec des gants blancs, nous sommes des
adolescents après tout...
La leçon à tirer me paraît simple: élèves de
journalisme, continuons à écrire de beaux petits textes gentils qui plairont
à tous les professeurs et surtout à la direction. Il ne faut surtout pas
déranger en dénonçant ce qui nous déplaît, il paraît que ça ne respecte
pas l’art de l’éthique journalistique...
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